Origine : le point de départ exact d'une image, avant qu'un premier internaute ne s'en empare pour la détourner. Renseigner cette source répond à un besoin scientifique formulé par la chercheuse Limor Shifman, qui démontre qu'un mème n'existe jamais tout seul, mais au sein d'un groupe de créations conscientes les unes des autres. Retrouver l'ancrage initial est la seule méthode valable pour dessiner l'arbre généalogique complet des variations et observer comment le public a déformé le sens premier de l'œuvre au fil du temps. Valeurs possibles : Web / Forum, Culture Pop / Cinéma / TV, Jeu Vidéo, Politique / Actualité, Arts / Littérature, Inconnu / Internet Général.
Médium : le format informatique du fichier, c'est-à-dire sa nature technologique. Figer cette donnée répond à un principe des sciences de l'information théorisé par Clare Beghtol : il faut toujours séparer l'artefact matériel (le fichier) du mentefact (le sens ou l'usage sociologique qu'on en fait). Renseigner le médium permet aux chercheurs d'isoler des typologies de fichiers pour leurs études, sans que leur recherche ne soit parasitée par le message politique ou la blague que ces images contiennent. Exemples : Image macro, GIF animé, vidéo détournée, montage Photoshop, remix musical, snowclone.
Structure : la manière dont les éléments visuels sont agencés à l'écran, formant un moule reproductible. Cette catégorie applique directement la théorie du chercheur Albin Wagener, qui modélise le mème comme un gabarit visuel fixe associé à un texte variable. En classant un mème par sa mécanique visuelle plutôt que par son sujet, l'archive permet de regrouper et d'analyser des formats qui fonctionnent sur le même schéma mental, même s'ils parlent de sujets totalement opposés. Valeurs possibles : Snowclone (Phraséologie à trous), Texte sur Image (Image Macro classique), Réaction Pure (Reaction face/image), Format Audiovisuel (Vidéo, Lip sync), Détournement d'Interface (Fake text, faux tweet), Hybride / Inclassable.
Registre : l'intention, le ton ou l'émotion cachée derrière le mème. Contrairement aux autres catégories figées par une taxonomie stricte, celle-ci fonctionne par indexation libre par les usagers (la folksonomie). Le chercheur Olivier Le Deuff souligne qu'un vocabulaire imposé figerait le sens et serait incapable d'enregistrer l'ironie ou l'argot du web. Pour éviter que cette liberté ne transforme l'archive en un espace illisible, la communauté valide ces mots-clés par le vote, selon le principe de vigilance participative de Dominique Cardon. Cela garantit que l'interprétation d'une blague fait bien l'objet d'un accord collectif. Valeurs possibles : Parodique / Satirique, Absurde / Surréaliste, Premier Degré Détourné, Réaction Émotionnelle, Cynique / Noir.